Accompagnement des usagers de substances psychoactives – Rapports de recherche

Investigations spécifiques sur les usages de substances psychoactives pour l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)

Reynaud-Maurupt C, Hoareau E, Les carrières de consommation de cocaïne chez les usagers « cachés ». Dynamique de l’usage, stratégies de contrôle et conséquences de l’usage chez des consommateurs de cocaïne non connus du dispositif de prise en charge sanitaire et social, Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 2011, 274 pages.

Outre sa diffusion croissante, les enquêtes quantitatives récentes ont montré que l’usage de la cocaïne se développait dans des milieux sociaux de plus en plus diversifiés. Pourtant, seule une partie des usagers de ce produit est connue des institutions socio sanitaires ou répressives (le plus souvent des usagers d’héroïne sous traitement de substitution qui utilisent occasionnellement ou régulièrement de la cocaïne, ainsi que des personnes caractérisées par des situations de grande précarité, usagers de crack notamment). Dans ce contexte, l’OFDT a souhaité, à travers son dispositif TREND, être en mesure de mieux décrire les individus qui, ne fréquentant pas les structures d’accueil ou n’ayant pas rencontré de difficulté au plan judiciaire, restent largement méconnus, donc « cachés ».
Cette enquête qualitative conduite par le GRVS dans le cadre du pôle TREND de l’OFDT, dont les données ont été recueillies en 2006-2007 dans huit agglomérations françaises, repose sur l’analyse de cinquante entretiens conduits avec des consommateurs appartenant à cette population  » cachée « . A travers les discours des usagers rencontrés, qui se sont longuement confiés, des  » carrières type  » de consommation ont pu être reconstituées dans leurs différentes étapes (de l’expérimentation du produit aux phases éventuelles de consommation les plus compulsives). En parallèle, l’étude s’est penchée sur le point de vue de ces usagers : leurs perceptions des risques liés à leurs consommations, leurs stratégies pour contrôler et limiter leurs usages et leurs éventuels besoins et recours à des aides.
Loin des simplifications archétypales qui considèrent qu’il n’existe que deux profils majoritaires d’usagers de cocaïne (l’usager issu de l’élite sociale qui consomme par voie nasale dans des soirées branchées ou pour maximiser ses performances au travail versus l’usager en situation de précarité qui consomme par voie injectable ou fume du crack), cette étude dresse un portrait beaucoup plus complexe et nuancé de cette population largement polyconsommatrice.

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Reynaud-Maurupt C, Les habitués du cannabis. Une enquête qualitative auprès des usagers réguliers, Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies, 2009, 311 pages. 

Cette étude qualitative conduite par le GRVS dans le cadre du pôle TREND de l’OFDT s’appuie sur l’analyse de soixante-dix entretiens approfondis recueillis auprès d’usagers réguliers de cannabis. Elle propose une description et une analyse des pratiques et des conséquences de l’usage régulier selon le discours des usagers eux-mêmes, pour rendre compte de leur point de vue. L’objectif était de mieux comprendre la place du cannabis dans leur vie quotidienne, en se focalisant particulièrement sur les motivations de l’usage, les carrières de consommation, les stratégies de gestion de l’usage qui permettent de concilier la pratique avec leurs contraintes personnelles et sociales et leur perception des conséquences sociales et sanitaires de la pratique. Le rapport permet entre autres de mettre en valeur une minimisation des risques sociaux et psychologiques de l’usage et dans le même temps une inquiètude non négligeable vis-à-vis des conséquences somatiques comme les risques pulmonaires et respiratoires.
L’enquête de terrain s’est déroulée en 2005, au moment de la mise en œuvre, sous l’impulsion de la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT), d’une nouvelle politique de santé publique dédiée à la prévention du développement des usages de cannabis. L’opportunité a été saisie d’interroger également ces usagers réguliers sur leur perception de la campagne  » Le cannabis est une réalité « . Enfin, ces usagers se sont exprimés sur la politique de prévention des risques routiers liés au cannabis et sur la récente mise en place, au moment de l’enquête, des  » consultations cannabis « .

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Du fait des travaux conduits par GRVS sur les usages du cannabis, Catherine Reynaud-Maurupt a participé, à l’égal d’autres spécialistes, à un reportage réalisé par Olivier Julien pour la chaîne ARTE,  » Les paradoxes du cannabis « , diffusé le 5 février 2010.

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Reynaud-Maurupt C, Chaker S, Claverie O, Monzel M, Moreau C, Evrard I, Cadet-Taïrou A, Pratiques et opinions liées aux usages des substances psychoactives dans l’espace festif Musiques Electroniques : étude de faisabilité d’une enquête quantitative en ‘population cachée’ à partir d’un plan de sondage ethnographiquement raisonné, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2007, 143 pages. 

Cette étude des pratiques et des opinions liées aux substances psychoactives chez les personnes qui fréquentent l’espace festif  » Musiques Electroniques  » a été réalisée en 2004-2005 et est le fruit d’une collaboration entre le GRVS et dispositif TREND de l’OFDT. Ce travail apporte pour la première fois en France des éléments quantitatifs représentatifs des usages dans cette population ainsi qu’une visibilité inédite sur les différents groupes sociaux qui la constituent. L’étude permet de décrire leurs pratiques des substances psychoactives en mettant particulièrement l’accent sur les usages de cocaïne et d’ecstasy, leurs opinions sur  ces substances ainsi que leurs conduites à risque.
Pour ce faire, une méthode innovante de recueil d’information quantitative en population cachée a été expérimentée : l’échantillonnage à partir d’un plan de sondage ethnographiquement raisonné.
La première étape a consisté à réaliser une cartographie quantifiée de l’espace festif  » Musiques Electroniques  » dans chacune des villes participant à l’étude (Toulouse, Nice, Rennes, Bordeaux et Metz) à partir de données qualitatives (observations sur site et entretiens avec les responsables des lieux festifs). Cette cartographie a ensuite été utilisée comme base pour construire le plan de sondage. La représentativité des données apparaît ainsi largement améliorée par rapport aux études antérieures. La seconde étape a permis de recueillir 1496 questionnaires qui sont ici exploités.

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Reynaud-Maurupt C, Usage contemporain des plantes et des champignons hallucinogènesObservatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2006, 160 pages. 

Ce rapport réalisé par GRVS dans le cadre du dispositif TREND de l’OFDT s’attache à décrire les pratiques et les motivations des usagers de plantes et de champignons hallucinogènes qui peuvent être rencontrés en France. Depuis un certain nombre d’années, les observations de terrain montrent un usage en pleine expansion, de même qu’une diversification, des substances relevant de cette famille de produits. L’étude est qualitative et s’appuie sur trente entretiens approfondis conduits avec des usagers ayant consommé des plantes ou des champignons hallucinogènes au moins six fois au cours de l’année précédant l’enquête. Une typologie des différentes significations investies dans la consommation des hallucinogènes naturels a été construite afin de rendre compte des représentations et des modalités d’usage associées à cette pratique.

Reynaud-Maurupt C, Akoka S, Usages détournés de la kétamine en France 2001-2003 : Ket-riding ou les nouveaux voyages immobiles, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2004, 153 pages.

Qui sont les usagers de kétamine ? Quelles sont les pratiques d’usage de ce produit ? Quelles sont les motivations des consommateurs ? Les effets recherchés et ressentis lors des prises ? Les fonctions du produit ? Les conséquences sociales et sanitaires de cet usage ? Comment les consommateurs perçoivent-ils la prise de risques ? Comment expliquer la diffusion grandissante de la kétamine, même si elle reste modérée, dans l’espace festif techno et certains groupes d’usagers de drogues ?
Cette recherche réalisée par le GRVS dans le cadre du dispositif TREND de l’OFDT s’inscrit dans une démarche de sciences sociales appliquées, et s’appuie sur le croisement de méthodes quantitative (questionnaires) et qualitatives (entretiens individuels et groupes focaux). Sur la base des connaissances produites, des stratégies spécifiques de prévention de l’usage nocif de kétamine, ainsi que de réduction des risques et des dommages, sont proposées.

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Reynaud-Maurupt C, Verchère C, Les nouveaux usages de l’héroïne, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2003, 119 pages. 

La stigmatisation de l’héroïne comme  » drogue du sida  » et la médicalisation d’une grande part de ses consommateurs par la substitution à partir de 1996 a engendré un recul de sa pratique. Des observations de terrain effectuées en 2000 relèvent cependant la consommation d’héroïne chez de jeunes usagers de substances psychoactives, ainsi que la visibilité récente de consommateurs d’héroine qui « chassent le dragon » (la fument sur de l’aluminium).
Cette étude, menée de septembre 2001 à fin 2002 par le GRVS dans le cadre du dispositif TREND de l’OFDT, vise à décrire et mieux comprendre les nouveaux usages de l’héroïne, les processus sociaux et les représentations subjectives qui les sous-tendent, ainsi que les caractéristiques sociologiques et sanitaires des consommateurs.

Reynaud-Maurupt C, Reynaud J, La consommation de Rohypnol® hors protocole médical. Zoom sur les conséquences de l’arrêté relatif à la restriction de mise sur le marché du flunitrazepam sur la vie quotidienne de ses consommateurs, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2003, 45 pages.

L’arrêté de février 2001, relatif à la restriction de mise sur le marché du Rohypnol®, a modifié certaines conditions d’exercice de la vie quotidienne des personnes qui consomment ce produit hors protocole médical. Le flunitrazepam, plus connu comme Rohypnol®, est une molécule d’action prolongée de la famille des benzodiazépines indiquée pour le traitement des insomnies. Hypnotique puissant, ce médicament, a souvent été détourné de son usage initial pour être utilisé comme une  » drogue « , pour ses effets psychoactifs propres, au lieu de servir d’une façon conforme à son indication de traitement.
Ce rapport du GRVS réalisé dans le cadre du dispositif TREND de l’OFDT fait parti d’une série de collectes d’informations demandée par la Direction Générale de la Santé (DGS), dont le but est d’estimer l’impact des nouvelles modalités de prescription du Rohypnol® sur les détournements dont il fait l’objet par les usagers de drogues.

Rapports de recherche

Hoareau E, Gondard E, Les personnes usagères de substances psychoactives reçues dans les CAARUD et CSAPA de Montpellier. Etat des lieux des caractéristiques sociodémographiques des personnes, de leurs pratiques d’usage et de leurs besoins en termes de réduction des risques et d’aide médicosociale, rapport pour l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon, la délégation 34 de la MILDECA et le Groupe Interassociatif de Réduction des Risques montpelliérain, 2015, 128 pages.

Cette étude a pour objectif de réaliser un état des lieux portant sur les caractéristiques de la population usagère de substances psychoactives reçue dans les structures montpelliéraines. Elle vise à décrire et mieux comprendre ses spécificités locales (par rapport à d’autres agglomérations), et les besoins plus ou moins particuliers des différents profils d’usagers qui la composent. Son ambition est de participer à l’adaptation de l’offre de réduction des risques et de soins aux besoins des personnes usagères de substances psychoactives, notamment ceux auxquels les dispositifs de Montpellier ne répondent pas suffisamment, en mettant en valeur le point de vue des personnes usagères elles-mêmes sur les priorités en termes de changement, de complément ou d’innovation.

A partir des données disponibles (revue de littérature et enquêtes conduites localement) et d’une investigation qualitative auprès de professionnels et d’usagers, le travail propose une vue d’ensemble sur les caractéristiques des usagers de drogues montpelliérain, un focus particulier sur les jeunes en errance et les usagers originaires des pays de l’est, ainsi que la description des attentes des usagers du point de vue de l’amélioration du service rendu par le dispositif spécialisé. En effet, au regard de la situation nationale, les CAARUD et les CSAPA de Montpellier accueillent une population où les femmes et les jeunes de moins de 30 ans sont sur représentés. La population usagère y est particulièrement précarisée, et les professionnels de terrain attirent aussi particulièrement l’attention sur les personnes originaires des pays de l’est, qu’ils considèrent comme un des phénomènes majeurs de ces dernières années.

Les données recueillies confortent l’idée d’investir les acteurs locaux dans le dispositif TAPAJ (Travail Alternatif Payé à la Journée), et plaident pour la création d’un chenil et d’un accueil vétérinaire (lien vers les usagers), le renforcement de l’interprétariat, et du travail de proximité directement auprès et dans les lieux de vie tels que les squats. Les spécificités de la population conduisent aussi à mettre en valeur l’atout que constituerait une structure d’hébergement d’urgence de type sleep’in pour améliorer l’accompagnement social et sanitaire, mais aussi l’intérêt de proposer des espaces de consommation à moindre risque. Un travail de déstigmatisation des personnes ayant un usage problématique d’alcool et/ou de drogues illicites mérite également d’être engagé auprès des acteurs de l’accès au logement social, des bailleurs sociaux, des maisons médicalisées et des maisons de retraite.

Au regard du taux très élevé de partage des seringues et des taux de contamination VHC plus élevés que la moyenne nationale, il importe d’autre part d’améliorer l’accessibilité du matériel stérile d’injection, notamment le soir et le week-end. En se situant dans une perspective globale, le rapport détaille les données objectives et les retours d’expériences qui lui permettent de préconiser une série d’autres mesures destinées à améliorer la réduction des risques sanitaires et sociaux sur le territoire montpelliérain.

Reynaud-Maurupt C, CSAPASCAN : volet qualitatif. Le Fibroscan®, un outil innovant pour améliorer la prise en charge des hépatites virales au sein des CSAPA, rapport pour le Centre d’Investigation de la Fibrose Hépatique du CHU de Bordeaux, 2013, 87 pages.

Le GRVS a réalisé le volet qualitatif d’une enquête épidémiologique longitudinale conduite par le Centre de la Fibrose Hépatique de Bordeaux sur la promotion du dépistage et de la prise en charge précoce des usagers de drogues contaminés par les virus des hépatites chroniques B et C (Etude CSAPASCAN). Cette étude multicentrique a pour objectif d’estimer si la réalisation d’un Fibroscan® associée à une prise en charge globale des patients peut amener les sujets fréquentant les CSAPA à une prise en charge de leur hépatite chronique virale (bilan sanguin et consultation médicale). Le Fibroscan® est un appareil permettant une mesure non invasive et indolore de la fibrose hépatique. Le volet qualitatif conduit par le GRVS a l’objectif spécifique de fournir des clés de compréhension pour l’étude épidémiologique, en examinant le point de vue des professionnels exerçant dans les CSAPA et d’usagers inclus dans l’étude épidémiologique. Ces derniers sont tous usagers ou ex-usagers de produits consommés par voie injectable, nasale ou pulmonaire. Ces modes d’administration constituent un risque avéré de contamination par les hépatites B et C lorsque le matériel de consommation est partagé (seringues, eau, coton, cuillère mais aussi pailles à sniffer ou pipes à crack). Ils n’ont jamais été dépistés ou n’ont pas fait de dépistage depuis plus d’une année, malgré des pratiques à risques de contamination. D’autres peuvent connaître leur statut sérologique positif, mais ne sont pas pris en charge pour leur hépatite au moment de leur inclusion dans l’éttude. A partir du recueil de 53 entretiens approfondis, l’analyse a permis de confirmer l’intérêt majeur du positionnement de cet appareil au sein des CSAPA. Il facilite la prise en charge globale des personnes qui rencontrent des difficultés pour se déplacer à l’hôpital (qu’il s’agisse d’un problème technique de mobilité ou d’angoisse envers les structures hospitalières), et il permet également de les alerter sur les méfaits de l’alcool, qu’ils ont tendance à sous-estimer. La conjonction entre la mise à disposition de ce nouvel examen et l’arrivée récente de traitements plus efficaces permet parallèlement de remobiliser les équipes des CSAPA sur l’intérêt de promouvoir la prise en charge des hépatites chroniques virales. L’analyse met également en valeur les difficultés qui persistent pour améliorer le dépistage et la prise en charge des hépatites virales chez les usagers de drogues suivis dans les CSAPA.

Hoareau E, Démarche de concertation sur l’expérimentation de Salle(s) de Consommation Supervisée(s) à Marseille, GRVS pour la Ville de Marseille, 2012, 4 documents (2010 à 2012).

En septembre 2010, dans un contexte de débat national sur l’expérimentation de salles de consommation supervisées de substances psychoactives, la Ville de Marseille, à l’initiative du Dr Padovani, Adjoint au Maire, engage une concertation visant l’amélioration du dispositif spécialisé marseillais à destination des personnes usagères de substances psychoactives. S’appuyant sur l’expertise de l’Institut National de Santé et de Recherche Médicale sur la politique française de réduction des risques, qui préconise la mise en place de ces structures en France (juin 2010), cette démarche s’inscrit dans la perspective de la participation de Marseille à leur éventuelle expérimentation nationale. Au cours de l’année 2010, la Ville participe au séminaire organisé par l’association “ élus, Santé Publique et Territoires ”, sur les salles de consommation à moindres risques. En 2009 déjà, puis en 2011, la Ville soutient concrètement la mise en œuvre d’une formation des professionnels du champ, sur l’éducation aux risques liés à l’injection par la mise en place des  » Ateliers de la Réduction des risques « . Le GRVS a été chargé par la Ville de Marseille* de produire les écrits destinés à rendre compte des débats du comité d’experts locaux sur le thème de l’amélioration de la Réduction des Risques à Marseille et l’opportunité de mettre en place une salle de consommation supervisée.

Les quatre documents suivants restituent les travaux réalisés par le comité d’experts locaux constitué dans le cadre de cette concertation.

• L’un présente de façon détaillée et documentée un  » Etat des lieux  » quant aux caractéristiques de l’usage de substances à Marseille, celles du dispositif spécialisé marseillais et propose des axes pour son amélioration.

• Les deux synthèses exposent, en version longue et en version courte, des résumés de cet état des lieux, ainsi que les réflexions du comité d’experts et ses positionnements concernant les enjeux politiques et sanitaires et les finalités de l’expérimentation d’une salle de consommation supervisée à Marseille.

• Enfin, le quatrième rend compte de ses préconisations quant au contenu du cahier des charges d’une salle de consommation supervisée.

La mise à disposition et la diffusion de ces documents relèvent d’une volonté du comité d’experts de partager ses réflexions et de contribuer à celles qui ont été engagées dans d’autres villes en France (Paris, Bordeaux, Le Havre, Strasbourg…) et en Europe, ainsi qu’aux travaux lancés par des chercheurs français sur l’évaluation des dispositifs de réduction des risques, et plus particulièrement sur l’expérimentation de salles de consommation supervisées.

Le comité d’experts souhaite néanmoins que leur utilisation se fasse dans le respect des auteurs et du travail réalisé. Enfin, il souligne que cette utilisation a ses limites dans la mesure où chaque projet d’expérimentation d’une salle de consommation supervisée nécessite l’adaptation à la réalité des usages et des relations entre les différents acteurs de la politique de santé publique, singulière à chaque ville, à chaque pays.

Mylène Frappas : « responsable de la Mission sida toxicomanies et prévention des conduite à risques – Service de la Santé Publique et des Handicapés » mfrappas@mairie-marseille.fr
Pierre Toubiana : « médecin-directeur adjoint du Service de la Santé Publique et des Handicapés » ptoubiana@mairie-marseille.fr

Reynaud-Maurupt C, Revue de littérature : repérage, prévention et réduction des risques de l’usage de cocaïne basée. Phase préparatoire à la conception du Guide de prévention Cocaïne basée à destination des professionnels du dispositif spécialisé, juin 2012.

Amaouche M, 2010, Processus d’inscription dans l’économie de la rue : quelles stratégies de prevention ? Enquête ethnographique dans le Nord de Paris, à Stains, à Saint Ouen et en Seine Saint Denis, sous la direction de Catherine Reynaud-Maurupt, GRVS pour la Ville de Paris, le Conseil Général de Seine Saint Denis

Quels sont les processus et les représentations qui amènent des jeunes à entrer, s’inscrire ou sortir de l’économie de la rue ? Dans une population de jeunes subissant les mêmes difficultés sociales, pourquoi certains basculent dans cette  » économie « , quand d’autres parviennent à l’éviter ? Quelles réponses mettent en place les acteurs de terrain, quelles difficultés rencontrent-ils ? Quelles stratégies et pratiques préventives peuvent être valorisées et diffusées ?
Ces questionnements sont à l’origine de la présente recherche-action, réalisée par Malika Amaouche (GRVS), et commanditée par un groupe de travail issu du  » Plan crack dans le Nord-Est parisien  » (2005-2007) qui est coordonné depuis 2008 par le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU).
Le groupe de travail associe la Mission de prévention des toxicomanies – DASES de la Mairie de Paris, la Mission de prévention des conduites à risques du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, la préfecture de Paris, la DDASS 93, la Mairie de Saint-Ouen, ainsi que des professionnels travaillant dans les 10e, 18e, et 19e arrondissements de Paris et les communes limitrophes de la Seine-Saint-Denis.
La méthode retenue repose sur un travail de terrain ethnographique dans le Nord-Est parisien. Le recueil de données, effectué de septembre 2008 à novembre 2009, est composé de relevés d’observations et d’entretiens approfondis auprès de jeunes (6), mais aussi auprès de parents (5) et de professionnels de proximité (14) du champ éducatif et social, afin de croiser les différents regards.
Les difficultés rencontrées par certains professionnels, comme l’absence d’un référentiel commun sur la prévention de l’économie de la rue et la difficulté de travailler en réseau, affectent différentes dimensions du travail d’accompagnement et de la relation éducative.
L’élaboration et la diffusion d’un référentiel dans l’ensemble des structures dédiées à la jeunesse dans ces quartiers permettraient d’harmoniser les positionnements professionnels et de faciliter le choix d’une stratégie préventive.
D’autre part, les jeunes enquêtés se sentent dans l’obligation de justifier une pratique qu’ils appréhendent, dans le fond, comme immorale et dont ils cernent rapidement les dommages et les limites en termes de développement social personnel. Ceci constitue un point d’accroche sur lequel un travail éducatif pourrait s’appuyer.
Aujourd’hui des professionnels développent des pratiques et des outils pour la prévention de l’économie de la rue, sans qu’il s’agisse de programmes spécifiques, mais plutôt d’un faisceau d’actions.
Certaines pistes de travail préconisées par les professionnels visent à limiter les facteurs qui favorisent l’entrée dans l’économie de la rue, d’autres priorisent le fait de sortir de son milieu et de faire d’autres expériences.

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Reynaud-Maurupt C, Amaouche M, Halfen S, Rimbert G, Conduites addictives, errance, prostitution à l’intérieur et aux abords des gares du Nord et de l’Est. Etude ethnographique et qualitative. Etat des lieux, besoins et ressources en 2008, GRVS et Observatoire Régional de Santé Ile de France (ORS IDF) pour la Préfecture de Paris mission Toxicomanie, la ville de Paris mission de prévention des toxicomanies DASES, Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Paris service Santé Publique, SNCF pôle sociétal, 2009, 124 pages. 

Cette recherche-action est le fruit d’une collaboration entre le GRVS et l’Observatoire Régional de Santé d’Ile de France, et a été soutenue par la Ville de Paris et le pôle sociétal de la SNCF. Elle a pour but de décrire et de mieux comprendre la situation personnelle et sociale et les besoins des personnes en situation de grande exclusion concernées par les problématiques des onduites addictives, de l’errance et de la prostitution autour des deux gares ferroviaires du 10e arrondissement de la ville de Paris (Gares du Nord et de l’Est). Elle met en perspective leurs besoins avec les ressources en termes d’offre d’accompagnement sanitaire et social adapté qui sont à leur disposition dans cet arrondissement.  L’étude rend compte du point de vue du public en grande précarité présent sur le site quant à leurs besoins, les ressources et les faiblesses du dispositif d’accompagnement et de prise en charge, mais elle met également en valeur le point de vue des professionnels de terrain sur les besoins du public cible, les moyens disponibles, les atouts et les faiblesses du dispositif d’accompagnement et de prise en charge.

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Hoareau E, La réduction des risques liés à l’usage de substances psychoactives dans les différents espaces festifs techno de la région PACA en 2003/2004, Mission Sida Toxicomanies et Prévention des conduites addictives de la Ville de Marseille, ARP, GRVS, 2005, 152 pages.

C’est à la demande de la Mission Sida Toxicomanies et prévention des conduites addictives de la ville de Marseille que l’ARP et le GRVS ont conduit une recherche-action sur les pratiques de réduction des risques chez les amateurs de l’espace festif techno. Parallèlement à la massification des différents espaces festifs techno (rave-partys, free-partys, teknival, festival électro, soirées en discothèques ou en salle de concert) au cours des années 90, les actions de réduction des risques liés à l’utilisation festive de substances psychoactives, d’abord individuelles et à la limite de la légalité, puis associatives et institutionnalisées, n’ont cessé de s’y développer. Cette massification des pratiques festives d’usage, favorisée par leur publicité médiatique, illustre-t-elle une banalisation des risques quelles induisent ? Quels effets a produit la mise à disposition d’informations (flyers) et d’outils de prévention (chill-out, préservatifs, kit sniff et kit injection, testing) notamment par les associations de santé communautaire et d’autosupport – sur la perception de ces risques ? Quel a été son rôle dans la constitution et la circulation entre pairs d’un savoir collectif sur l’usage et les moyens d’en réduire les risques et les dommages ? On peut distinguer dans l’espace festif techno une tendance rave privilégiant la l’égalité et une tendance free inscrite dans la clandestinité. Ceci induit une définition des événements rave comme sécurisés, et une représentation des évènements free comme insécurisés. Or, la présence de dispositifs préventifs est plus ancienne et plus fréquente dans les seconds avec un public moins important. C’est dans la perspective analytique de la notion de logique d’usage (VERCHERE C., 2005) qu’il s’agit de comprendre l’effet de la définition du cadre festif comme sécurisé ou insécurisé et de la présence d’un dispositif préventif sur la perception des risques et sur l’intégration de l’information de réduction des risques dans les pratiques d’usage. Pour cela, une analyse comparative de l’état du savoir collectif sur l’usage et des rapports aux risques dans chacune des deux tendances festives a été réalisée. Plus exploratoires qu’exhaustifs et systématiquement vérifiés, les résultats de cette enquête livrent néanmoins des données indicatives et interprétatives quant à l’impact des interventions de réduction des risques et du cadre légal sur le rapport aux risques liés à l’usage de substances psychoactives.

Gilloire A, Reynaud-Maurupt C, Tonna G, Reynaud J, Bentz L, VIH et immigration dans les Alpes-Maritimes, PRISMES et GRVS pour le Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, 1998, 467 pages.

Après avoir étudié les données au niveau national, ce rapport analyse l’épidémie du sida dans les Alpes Maritimes suivant la nationalité des personnes atteintes. Ensuite, les auteurs s’intèressent aux trajectoires, pratiques et représentations associées au VIH des personnes d’origine étrangère. Enfin, des approches spécifiques sont proposées : toxicomanes issus de l’immigration, & VIH, milieu carcéral et immigration.

Participation à des rapports d’activité du dispositif TREND/OFDT

La participation active et continue du GRVS dans l’activité du dispositif TREND  jusqu’en 2010 l’a conduit à participer à la rédaction d’une partie des rapports annuels du dispositif, dans le cadre de comptes-rendus intermédiaires sur les recherches en cours (voir rubriques rapports scientifiques pour consulter les études achevées).

Bello PY, Toufik A, Gandilhon M, Giraudon I, Phénomènes émergents liés aux drogues en 2003. Cinquième rapport national du dispositif Trend, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2004, 269 pages.
Inclus : Reynaud-Maurupt C, Akoka S, Chaker S, Faisabilité d’une enquête quantitative sur les pratiques des substances psychoactives dans l’espace festif musiques électroniques : compte rendu intermédiaire, pp. 224-252.  

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Bello PY, Toufik A, Gandilhon M, Giraudon I, Bonnet N, Phénomènes émergents liés aux drogues en 2002. Quatrième rapport national du dispositif Trend, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 2003, 287 pages.
Inclus : Reynaud-Maurupt C, Akoka S, Les usages détournés de la kétamine en France, pp. 185-204.

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